LA COUR PENALE SPECIALE : entre mimétisme juridictionnel ou avancée en matière de lutte contre l’impunité des crimes graves commis en République Centrafricaine ?

La Cour Pénale Spéciale de la République Centrafricaine, s’est inscrite dans la dynamique des dernières strates des juridictions pénales à qui, la communauté, fût-elle internationale lui a donné mandat de rendre justice pour prioriser la valeur humaine souvent déniée par les crises. La présente réflexion se propose d’interroger l’apport de la CPS dans la lutte contre l’impunité en Centrafrique. Loin d’être un objet d’inflation institutionnelle juridico-judiciaire, la CPS est une véritable arme contre les crimes graves ayant pour seule cause la négation des droits humains. C’est ainsi qu’elle est pensée par les Nations Unies et les autorités centrafricaines ce d’autant plus que le besoin pressant de la population à un moment donné est que la justice rien que la justice triomphe. Quoique les obstacles ne sont pas loin.
LA RECIDIVE DES DEVIANCES DANS LES MARCHES PUBLICS AU CAMEROUN

Au Cameroun, malgré les réformes enclenchées dans les marchés publics en 2012, les déviances ont tendance à récidiver, incitant à conclure que lesdites réformes n’ont pas porté les fruits. La présente étude offre quelques clés de compréhension de ces déviances qui contribuent à l’inefficacité des marchés publics au Cameroun. Socialement construites, ces déviances sont le produit des interactions d’acteurs individuels et collectifs et elles sont entretenues par les facteurs intrinsèques et extrinsèques. Leur ampleur et leur tendance à s’enraciner dans les marchés publics camerounais requièrent de la part des autorités gouvernementales, des politiques plus efficaces en guise de prophylaxie.
LES ETATS INSTITUTIONNELS, UN ENJEU CONTRE LES VIOLENCES POLITIQUES POST-ELECTORALES EN AFRIQUE CENTRALE (CEMAC) ? ESSAI SUR LE RENFORCEMENT DE LA SECURITE POLITIQUE

Ce propos, qui traite des Etats institutionnels dans leurs rapports aux violences politiques en zone CEMAC, s’est voulu, précisément, de répondre à la question selon laquelle, quels sont les mobiles qui expliquent que les Etats de l’Afrique centrale, qui s’étaient pourtant dotés d’une diversité d’institutions dans l’objectif d’encadrer les élections politiques, soient encore confrontés à des violences politiques postélectorales, observées récurremment sur leurs territoires, et quelles esquisses de solutions, entre autres, peuvent-ils être proposées pour y renforcer la sécurité politique ? Pour répondre, cette réflexion a mobilisé la théorie des organisations, dont la mise en œuvre a conduit aux entretiens auprès des acteurs politiques, et des gestionnaires des institutions de sécurité politique. Il est ressorti que les violences sont encore observées, à cause, entre autres, de la gestion patrimoniale des institutions régulatrices des activités sociopolitiques. Les Etats institutionnels de l’Afrique centrale pourraient renforcer leur sécurité politique par l’établissement d’un éthos public, et par l’inculcation du sens de l’intérêt général aux agents publics.
SOCIOLOGIE POLITIQUE DU (DES) ENGAGEMENT DES JEUNES AU SEIN DES DISPOSITIFS PARTICIPATIFS : Le cas du conseil municipal jeune de la commune de Dschang (région de l’Ouest-Cameroun)

Cet article s’intéresse à la création des Conseils Municipaux de Jeunes au Cameroun sous l’angle de l’envers des dispositifs de participation publique : le désengagement de la majorité des jeunes invités à participer. Au travers d’une approche ethnographique croisant les techniques qualitatives, il s’agit d’interroger les ressorts du (dés)engagement des jeunes au sein des dispositifs participatifs à partir du Conseil Municipal Jeune (CMJ) de la commune de Dschang (région de l’Ouest-Cameroun) comme cas d’étude. L’analyse des données de l’enquête met en exergue deux principaux résultats. Le premier résultat montre des formes différenciées de non-engagement et d’engagement du public participatif de ce dispositif. L’on distingue trois figures à savoir : les participants réguliers, les participants intermittents et les non-participants. Le deuxième résultat met en exergue une pluralité de motifs de désengagement des membres de ce Conseil. Au regard de ces résultats obtenus, ce travail contribue à poser les jalons d’une sociologie politique de la participation du public des jeunes dans les dispositifs à eux dédiés. Il ouvre également une diversité d’angles de la question, sur lesquels se consacrera la suite de nos travaux.
GENDER ANALYSIS OF GOVERNMENT HUMANITARIAN ASSISTANCE WITHIN THE ANGLOPHONE CRISIS IN CAMEROON : The case of the Emergency Humanitarian Assistance Plan (EHAP) on internally Displaced Persons (IDPs) in the North West Region

This write-up has focused on the gender analysis of humanitarian assistance provided by the Cameroon government’s Emergency Humanitarian Plan (EHAP) to internally displaced persons (IDPs) of the Anglophone Crisis in the North West Region. To realize this objective, the Mixed Research method was adopted to collect and analyze data. Data were collected through face-to-face interviews with officials of the EHAP in Bamenda, while 20 IDPs, who are beneficiaries of EHAP’s humanitarian assistance, were surveyed. Observations were another instrument for data collection. Information obtained were analyzed using the Statistical Package for Social Science (SPSS) Version 20.0. Beside this Method, the Instrumentalist Theory to Gender in Humanitarian Aid was equally employed as an analytical instrument to determine the gender dimension of EHAP’s humanitarian assistance to IDPs. Based on these, findings have demonstrated that the objectives of EHAP as defined in the decree creating it have not taken into account issues related to gender, especially those relating to the integration of women and girls, who are the highest victims affected during armed conflict, into the main processes of humanitarian assistance. Another significant finding demonstrated that even though these IDPs have benefited from food items and non food items, such as mattresses, toiletries and money from EHAP, these donations remain unsustainable since most of them are unable to cater for their necessities in the long run. This state of affairs is accounted for by limited funds, administrative bottlenecks, insufficient personnel and insecurity. It is on this basis that for EHAP’s humanitarian assistance to be gender representative in its nature there is the urgent need for gender issues to take central stage in all its process from decision making to implementation.
LA POLITIQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT ET DE CONSOLIDATION DE LA PAIX : Les programmes de démobilisations, désarmements et reconstruction (DDR) en Afrique

Le présent article analyse les modalités de construction de la politique africaine de développement et de consolidation de la paix à travers la mise en œuvre des programmes de démobilisation, désarmement et reconstruction (DDR) en Afrique. Dans un premier temps, ce travail met en lumière l’inconsistance de la politique de consolidation de la paix en Afrique pour dégager les limites d’ordre matériel dans la perspective de résolution des conflits, qui perturbent le processus de développement en Afrique. Puis dans un second temps, il énonce la dynamique de pression faite par les acteurs des relations internationales dans la mise en œuvre de cette politique de consolidation de la paix qui s’analyse sous le prisme de la dépendance extérieure aux grandes puissances capitalistes. L’analyse recourt ainsi à l’interactionnisme et au constructivisme pour rendre compte de la manière dont est formulée la politique de consolidation de la paix dans la perspective méliorative du développement qui constitue le point commun de la quasi-totalité des pays d’Afrique. Des lors, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir comment est formulée la politique de consolidation de la paix en Afrique ? Ainsi, de cette question de recherche, nous pouvons émettre l’hypothèse selon laquelle la politique de consolidation de la paix en Afrique est limitée d’une part et portée par la communauté internationale d’autre part. Il se dégage donc de cette étude que si l’Afrique veut véritablement se developer, elle doit rationaliser l’aide des grandes puissances tout en travaillant pour atteindre une position d’influence dans les instances de décision mondiale pour mieux asseoir sa politique de consolidation de la paix.
THE CRIME OF POPULAR UPRISING IN AFRICA

In the past decades, political unrest across various countries within the African continent, fuelled by discontent with authoritarian rule, corruption, and inequality, has often led to unconstitutional changes in government, a crime falling within the jurisdiction of the African Court of Justice and Human rights according to the Malabo protocol adopted in 2014. Therefore, the interplay between unconstitutional changes of government (UCG) and popular uprisings in Africa becomes a daunting challenge to democracy and human rights on the continent. Do popular uprisings fall within the definition of the crime of unconstitutional change of Government as established by the Malabo protocol? Utilizing a doctrinal research methodology and drawing from primary and secondary sources, the research underscores the conflicting perspectives surrounding these issues. While, there is a growing tendency amongst African governments to frame popular uprisings as threats to national security, leading to repressive actions and criminalization, the Malabo protocol upholds the right of all peoples to self-determination by which they freely determine their political status and freely pursue their economic, social and cultural development. The challenges arising from the growing criminalization of popular uprisings necessitate a comprehensive approach for the safeguarding of democracy and human rights within the continent.
LA QUESTION DES REVENDICATIONS PERPETUELLES DES ENSEIGNANTS AU CAMEROUN : difficultés conjoncturelles ou conséquences de la défaillance du projet éducatif du Renouveau (1990 2023) ?

Cette étude vise à montrer que malgré sa diversité culturelle, le Cameroun assiste impuissamment à la dégradation de son système éducatif depuis le début des années 1990. Si certains analystes greffent cette défaillance à la situation économique critique du pays, d’autres pointent du doigt les politiques éducatives mises sur pied par le régime au pouvoir. Cette réflexion essaie de questionner la gouvernance éducative au Cameroun pour comprendre les tares qui ont généré les crises multiformes dans le secteur éducatif depuis le début des années 1990 jusqu’en 2023. Notre interrogation est celle de savoir si les grèves perpétuelles observées dans le corps de l’éducation sont une conséquence de la défaillance du projet éducatif du renouveau ou des crises politiques et économiques observées depuis 1990 ? Dans une perspective historique, pluridisciplinaire et une approche méthodologique qui associe l’exploitation des sources orales et écrites à la sociohistoire, il ressort que depuis le début des années 1990, la dégradation des conditions de vie du personnel enseignant, consécutive à la chute des salaires, a contribué à accentuer des revendications dans le corps éducatif national occasionnant une paralysie des activités pédagogiques dans ce secteur fortement sensible.
DYNAMIQUES SOCIO-CULTURELLES CHEZ LES MIGRANTS : regard au sein de la diaspora bamiléké de Bazou à Yaoundé

Cet article met à jour les changements socioculturels qui ont cours au sein de la diaspora bamiléké de Bazou à Yaoundé, ainsi que les répercussions de ces changements sur la transmission des valeurs aux jeunes générations. Les migrations ont toujours eu des effets sur la vie des personnes en déplacement. Ainsi, vivre loin de son terroir d’origine a des impacts sur la diaspora de Bazou à Yaoundé. Son organisation socio-politique, ses pratiques sociales et ses langues subissent l’effet de sa rencontre avec les communautés d’accueil, ceci malgré toute volonté de préservation des valeurs originelles. En appréhendant ces changements socioculturels auprès des ressortissants de Bazou (Ouest-Cameroun), à Yaoundé, cette étude rend compte des modifications qui s’opèrent dans leur quotidien. Elle relève d’une recherche qualitative fondée sur l’observation, les entretiens structurés et semi-structurés et sur l’analyse de contenu. Les données ont été collectées auprès de dix-sept individus de cette diaspora de Yaoundé incluant des personnes ayant expérimenté le déplacement et la rencontre d’autres peuples.
LES CENTRES D’EXCELLENCE D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DU CAMEROUN : Analyse des capacités innovatrices et des contraintes

Le Cameroun a créé plusieurs Centres d’Excellence d’Enseignement Supérieur (CE) pour favoriser le développement des programmes innovants de formation et de recherche afin de satisfaire la demande du marché en expertise dans tous les domaines de la science et de la technologie, de soutenir la production des services divers à haute valeur ajoutée et présentant un fort avantage compétitif susceptible de contribuer à l’émergence. En dépit des résultats déjà obtenus, ces Centres font face aux contraintes liées à la gouvernance, aux financements, aux matériels et à l’inadéquation formation-emploi. Les contraintes relativisant les capacités innovatrices des CE ne suffisent pas à ruiner les perspectives encourageantes et les espoirs fixés en eux. L’analyse propose d’assurer leur cohésion institutionnelle et financière, ainsi que leur alignement aux stratégies sectorielles et à la Stratégie Nationale de Développement (SND 30).