PAR Julien RAMADJI BEGOTO Doctorant en Géographie, Université de Dschang/Cameroun amadjibego@gmail.com, et Carine Gabrielle KAMNO Chargée de Cours en Science Politique, Université d
Résumé : Après la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, suivie de la création du HCR en 1950, la gestion des réfugiés est devenue un enjeu commun mondial. Plusieurs politiques sont définies à différents niveaux pour leur gouvernance. Ainsi, après l’adoption par l’ONU de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés en 1951, il a été adopté en 1969 la Convention de l’OUA relative aux réfugiés en Afrique et la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés en Amérique centrale en 1985. Au niveau national, plusieurs États ont mis en œuvre des politiques migratoires pour mieux gérer les réfugiés. C’est le cas du Tchad, un pays dont sa contiguïté territoriale fait de lui le principal foyer d’accueil des réfugiés fuyant les conflits des pays limitrophes. Sa politique de gestion des réfugiés repose sur un ensemble d’acteurs qui agissent et interagissent stratégiquement. Dans ce contexte d’enjeux parfois contradictoires, les acteurs ont un objectif commun qui est la protection du bien commun mondial (le réfugié). Cette étude a pour objectif d’analyser les réseaux d’acteurs et les enjeux de la gouvernance des réfugiés au Tchad. Pour atteindre cet objectif, elle mobilise les approches théoriques et empiriques. Les premières reposent sur la théorie de la gouvernance, la théorie des réseaux et l’interaction stratégique alors que les secondes ont permis d’administrer un questionnaire à 74 réfugiés et des entretiens avec 33 personnes ressources. Les résultats de cette étude montrent que la gouvernance des réfugiés au Tchad est structurée par une quadrilogie des réseaux d’acteurs qui agissent en interdépendance parmi lesquels émergent les réseaux communautaires. Cette interdépendance des acteurs met en perspective les enjeux manifestes et latents des réseaux d’acteurs.
Mots-clés : Acteur – Enjeu – Gouvernance – Réfugié – Réseau – Tchad..
Abstract : After the end of the Second World War in 1945, followed by the creation of the UNHCR in 1950, refugee’s governance or management became a common global issue. Several policies were defined at different levels for their governance. Following the adoption by the UN of the Geneva Convention relating to the Status of Refugees in 1951, the OAU Convention relating to Refugees in Africa was adopted in 1969, and the Cartagena Declaration on Refugees in Central America in 1985. At the national level, several countries have implemented migration policies to better manage refugees. This is the case of Chad, a country whose territorial contiguity makes it the main host country for refugees fleeing conflicts in neighboring countries. Its refugee management policy relies on a range of actors acting in strategic interplay. In this context of sometimes contradictory stakes, the actors have a common objective, which is the protection of the global common good (the refugee). The aim of this study is to analyze the networks of actors and the challenges of refugee governance in Chad. To achieve this objective, it mobilizes both theoretical and empirical approaches. The former is based on governance theory, network theory and strategic interaction, while the latter involved administering a questionnaire to 74 refugees and interviews with 33 resource persons. The results of this study show that refugee governance in Chad is structured by a quadrilogy of interdependent networks of actors, among which community networks stand out. This interdependence of actors puts into perspective the manifest and latent issues of actors networks.
Key words : Stakeholder – Networks – Issues – Governance – Refugees – Chad.